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Rites, Fêtes et traditions
en Vexin-Thelle

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Table des matières

Les témoins
Remerciements
Introduction

RYTHMES INDIVIDUELS DE LA NAISSANCE A LA MORT
LE TEMPS DE LA NAISSANCE ET DE LA PETITE ENFANCE
- L'accouchement
- Le baptême
- La petite enfance
LE TEMPS DES ENGAGEMENTS
- L'engagement scolaire
- L'engagement religieux
- L'engagement militaire
- L'engagement amoureux
LE TEMPS DE LA MALADIE ET DE LA MORT
- La maladie
- Le dernier voyage

RYTHMES ET RITES COMMUNAUTAIRES
RYTHMES RELIGIEUX
- Les temps forts du calendrier religieux
- Les pèlerinages
- Carnaval, mais et feux de la Saint-Jean
RYTHMES ECONOMIQUES
- La moisson et la passée d'août
- Le cidre
- La tuée du cochon
- Marchés et foires
RYTHMES LAICS : JEUX ET PLAISIRS COLLECTIFS LA FETE AU VILLAGE
- Plaisirs d'adultes : les veillées, la pêche, la chasse, les jeux, les bals, les cafés
- Villages en fête Le 14 juillet La fête foraine

Conclusion
Bibliographie

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Extrait : " Les rites funéraires

Lorsqu'il y avait quelqu'un de mort dans une maison, on fermait les volets tout le temps que le mort y demeurait. C'était la famille qui veillait le mort, il y avait un cierge à côté du mort, un rameau de buis et de l'eau bénite afin que ceux qui venaient le voir une dernière fois puissent bénir le corps. Il y avait toujours ça sur place.On faisait la toilette du mort, et on l'habillait avec ses plus beaux habits, c'étaient toujours les mêmes qui faisaient ça dans le village. Moi aussi j'ai fait ça plusieurs fois. Bien sûr, ce n'était pas aussi bien fait que maintenant à l'hôpital. On enterrait de préférence le matin, car l'après-midi, c'étaient les vêpres, alors on ne pouvait pas avoir la messe pour les morts que l'on voulait. De plus, cela permettait de manger à midi le pot-au-feu en famille, cela permettait de se caler un peu pour ceux qui venaient de loin avant de repartir. Et puis, c'était un peu l'occasion de se rencontrer tous et de parler. On parlait un peu du mort, ça c'est sûr, mais on parlait un peu de tout. On prévenait de maison en maison du décès et de la date de l'enterrement. Il y avait un respect, quand le corbillard passait on s'arrêtait pour voir le mort passer" (Une habitante de Fresnes).

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Extrait :" L'andelée

Quand il y avait un mort dans le village, on "sonnait les morts". On appelait ça une andelée. Pour un enfant jeune, c'était une andelée. Normalement ça devait durer un quart d'heure. Mon grand-père l'a fait. Au début, on tintait trois coups, et puis après on sonnait l'andelée. Pour quelqu'un d'un peu plus vieux, deux andelées, et pour les personnes âgées, trois andelées. C'était souvent le garde-champêtre qui sonnait, alors quand vous aviez un mort le matin, vous alliez le prévenir dans la journée et il commençait le soir. Il sonnait, le matin, le midi et le soir comme ça. Quand vous entendiez sonner, vous saviez qu'il y avait un mort dans le village. Même quand c'était à Fresnes et que le vent venait du nord, vous entendiez sonner, vous saviez que quelqu'un était décédé dans le village voisin. On priait de l'enterrement : c'était quelqu'un qui priait, il n'y a pas si longtemps que ça n'existe plus, on passait dans toutes les maisons pour dire l'heure de l'enterrement. Si c'était une jeune fille qui était morte, on allait à l'enterrement avec un voile blanc. Enfin pour celles qui portaient les cordons du poêle. Au corbillard, il y avait les cordons du poêle, c'est-à-dire quatre cordons aux coins du corbillard attachés en haut et qui pendaient là. Si c'était un homme, on cherchait quatre hommes dans le pays à peu près de son âge ou qu'il connaissait bien. Ils tenaient de chaque côté, parce qu'on allait chercher le mort à la maison. Le clergé, avec les enfants de choeur, allaient à la maison du mort" (Mme Marcelle Groult, Fleury).

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Extrait : "Les mais

Le mois de mai est actuellement caractérisé par le brin de muguet qu'on offre le premier (Compiègne, Rambouillet et Meudon revendiquent l'initiative de cette coutume) et par l'abondance des jours fériés dont ceux qui en profitent se soucient peu de l'origine profane et religieuse. Il était auparavant connu comme le mois de la Vierge, mais cette dédicace ne date que du XVIIIe siècle, et le calendrier marial n'est guère riche pour ce mois.
En fait, le mois de mai, dans la société rurale, était d'abord celui des rituels agraires de fécondité, de fertilité et de protection des récoltes, si nécessaires au moment de la lune rousse et des saints de glace. Les Rogations, qui se déroulaient les trois jours avant l'Ascension, en constituaient le point fort. Elles devaient emprunter différents chemins pour assurer la protection de tout le territoire. Ainsi, dans les années 1870, Pihan rapporte qu'à Liancourt-Saint-Pierre, la procession se rendait à la chapelle Saint-Gilles, au Vivray, pourtant abandonnée depuis un siècle.
A ce symbolisme, on peut associer la coutume des "mais des jeunes filles", dont la connotation sexuelle est apparente. A l'inverse des cérémonies agraires disparues du Vexin avant la naissance de nos plus vieux témoins, le mai des jeunes filles a duré jusqu'à la dernière guerre.
En quoi cette coutume, connue depuis le XIIIe siècle, consistait-elle? : "C'était pour le premier mai. Suivant les jeunes filles, on mettait ou non de l'aubépine. Il y avait les garçons qui allaient fleurir la porte des jeunes filles la nuit et au matin, ils étaient généralement reçus par le père de la jeune fille. On faisait des bouquets, et tant que ça ne touchait pas par terre, les garçons ne pouvaient pas entrer par la grande porte. Toutes les jeunes filles en avaient un, même les filles d'ouvriers. Les garçons préparaient plein de mais, mais chaque jeune fille n'en recevait qu'un. Cette tradition était beaucoup plus développée du côté de Crevecoeur-le-Grand que dans nos régions" (Mme A. Saint-Omer).
Manière de susciter l'admiration de la population, et surtout celle des filles, car manière de montrer que les jeunes hommes célibataires étaient capables de bien des prouesses, le mai devait être fixé très haut : "Il fallait accrocher le mai le plus haut possible. Le mieux, c'était la cheminée. On était plusieurs et on se déplaçait avec une échelle. Il n'y en avait pas tellement à Vaudancourt, des filles, alors, le tour, c'était vite fait. On mettait du lilas de n'importe quelle couleur. On ne mettait que du lilas" (M. L. Pourfilet). "J'ai eu sur le toit de l'école un bouquet de fleurs blanches, je me demande comment il avait pu monter là-haut. Cela se faisait discrètement la nuit, j'ai su beaucoup plus tard qui c'était. Je ne me rappelle plus ce que c'était comme fleurs. Il y avait la cloche de l'école, il avait dû s'aider de la ficelle pour monter sur le toit" (Mlle A. Rançon). "Discrètement, la nuit", le témoignage rappelle que la pratique était collective et anonyme. Elle donnait aussi l'occasion de régler des comptes. "Tous les ans, les jeunes gens s'amusaient à faire cela. Je me rappelle, il y avait une autre maison où les filles, c'était pas terrible pour la mentalité, alors tous les ans, elles y avaient droit. Cela a duré jusqu'après la guerre" (Mlle A. Rançon). "On mettait des chardons, on les accrochait à la porte de la rue, on ne pouvait pas rentrer comme ça dans les familles. Et les filles, quand elles avaient des chardons, elles n'aimaient pas..." (M. Marcel Le Bihan).
Aubépine, lilas, fleurs blanches, chardon, il semble que le langage des fleurs connaissait des variations locales tout en utilisant un répertoire commun fondé sur les plantes et les arbustes à la fois courants et dispon